En ligne
En ligne

Le shibari : définition, sécurité et où apprendre

Le shibari, c’est le bondage japonais à la corde. Ce que le mot veut dire, ce qu’il faut savoir pour la sécurité avant tout le reste, et où prendre un cours.

S’inscrire gratuitement

Le shibari est une forme de bondage venue du Japon : on attache une personne avec des cordes, lentement et avec attention, en suivant des motifs qui comptent autant que le résultat. On parle aussi de kinbaku ou de ligotage japonais. Cette page dit ce que c’est, ce que disent les règles de sécurité, et où apprendre. Elle ne contient aucun tutoriel : les nœuds s’apprennent avec quelqu’un qui te regarde faire.

Shibari : la définition

En japonais, shibari veut dire à peu près « attaché, lié ». C’est le mot devenu courant en Occident ; au Japon, on parle plutôt de kinbaku. Certaines personnes distinguent les deux, d’autres les emploient l’un pour l’autre, et il n’y a pas d’arbitre pour trancher.

Le B de BDSM, le bondage, c’est toute manière de limiter les mouvements de quelqu’un, avec des menottes, du ruban ou une corde. Le shibari en est une forme, où le geste d’attacher compte autant que le fait d’être attaché. Pour beaucoup, c’est un moment de concentration à deux. La personne attachée laisse le contrôle et n’a plus rien à décider ; beaucoup décrivent ça comme un grand calme. La personne qui attache porte la responsabilité et garde toute son attention sur l’autre. Pour certains, cela mène à la sexualité ; pour d’autres, cela n’a rien à voir. Il se pratique aussi comme un art, devant un public.

L’histoire qu’on raconte souvent parle de samouraïs. La vraie est un peu plus récente et plus compliquée. Des techniques japonaises servaient autrefois à ligoter les prisonniers, l’hojōjutsu. Au début du XXe siècle, Itō Seiu, souvent présenté comme le père du kinbaku, les a étudiées, et le bondage érotique japonais s’est développé à partir de là.

La sécurité d’abord

La corde a l’air douce. Elle peut pourtant abîmer un nerf sans que ni l’un ni l’autre ne s’en aperçoive tout de suite. Ceci n’est pas un avis médical : ce sont les habitudes qu’on entend en premier dans tous les ateliers.

  • Des ciseaux à portée de main. Des ciseaux de secours à bout arrondi, qui coupent la corde sans toucher la peau. Ils s’achètent en même temps que la corde et se posent à côté de vous avant de commencer, pas dans un tiroir à l’autre bout de l’appartement.
  • Attention aux nerfs et à la circulation. Le danger le plus courant se trouve aux bras et aux poignets. Demande souvent comment vont les mains et les pieds. Fourmillements, engourdissement, perte de force, main froide ou qui change de couleur : on détache tout de suite, sans finir ce qu’on était en train de faire.
  • Jamais de corde autour du cou. Ni corde, ni boucle, ni collier relié à quoi que ce soit.
  • Ne laisse jamais une personne attachée sans surveillance. Même une minute, même pour le jeu.
  • Jamais avec quelqu’un que tu viens de rencontrer, sans personne autour. Se faire attacher, c’est ne plus pouvoir partir. Prends le temps de connaître la personne, demande à d’autres ce qu’ils en pensent, et commence dans un atelier ou une soirée où d’autres sont présents.
  • Un safeword, ou mot d’arrêt. Un mot qui arrête tout, et un signe convenu pour le cas où parler serait impossible, comme lâcher un objet qu’on tient dans la main.
  • Jouer à jeun. Pour les deux.
  • Pas de suspension sans cours. Suspendre quelqu’un, même en partie, est un savoir à part entière, qui ne s’improvise pas chez soi.

Les marques de corde sur la peau sont courantes et s’effacent le plus souvent d’elles-mêmes. Et après la séance, prenez le temps : une couverture, un verre d’eau, quelques mots sur ce qui vous a plu ou non. C’est l’aftercare, les soins après la séance.

Le matériel

Pour le shibari, on utilise le plus souvent de la corde de jute ou de chanvre. Le coton est plus souple, moins cher et pardonne davantage au début. Il te faut peu de chose : quelques longueurs de corde et les ciseaux. Ce que les personnes expérimentées déconseillent : la cordelette fine et les colliers de serrage, qui entrent dans la peau, et les foulards glissants, dont le nœud se resserre au point de ne plus se défaire.

Où apprendre : prendre un cours de shibari

Les vidéos et les livres aident à comprendre les principes et l’histoire. Mais ils ne voient pas où passe ta corde. Un cours de shibari, ou une jam (une séance où chacun vient pratiquer et apprendre des autres), te donne ce qui manque : quelqu’un qui regarde et corrige.

Voici quelques adresses pour commencer. La liste n’est pas complète. Nous n’avons aucun lien avec ces organisateurs, et leurs programmes changent : renseigne-toi toujours directement auprès d’eux.

  • Près de Paris : l’École des Cordes, une école de shibari et de kinbaku installée à Joinville-le-Pont, juste à côté de Paris.
  • Strasbourg : le Munch Cordes, un munch consacré aux cordes (une rencontre conviviale autour d’un verre ou d’un repas). On y parle, on n’y pratique pas : c’est un bon endroit pour demander où apprendre.
  • Entre Lausanne et Genève : Encordages Lémaniques, qui organise des jams.
  • Montréal : Opalace, un donjon et lieu d’événements dont l’agenda comprend des soirées de cordes.

Ta ville n’est pas dans la liste ? Cela ne veut pas dire qu’il ne s’y passe rien. Va à un munch et pose la question : c’est là que se trouvent les personnes qui savent où ont lieu les cours, et lesquels conviennent quand on débute. La page munch BDSM explique comment ça se passe.

Discuter de cordes

THE CAGE est une communauté BDSM internationale : des profils, des blogs, un forum et des salons de tchat. L’inscription est gratuite, le forum et les salons aussi. Les membres écrivent surtout en anglais, et une fois dans ton compte, le site est en grande partie en anglais. Si tu te connectes depuis la France, une vérification de l’âge fait partie de l’inscription, en raison de la loi SREN ; elle passe par Yoti.

Questions fréquentes sur le shibari

Quelle est la différence entre shibari et kinbaku ?

Beaucoup de gens les emploient l’un pour l’autre. Shibari veut dire à peu près « attaché, lié » et s’est imposé en Occident ; kinbaku est le mot plus souvent employé au Japon pour le bondage érotique.

Quelle différence entre bondage et shibari ?

Le bondage désigne toute manière de limiter les mouvements de quelqu’un, avec des menottes, du ruban ou une corde. Le shibari en est une forme : le bondage japonais à la corde, où le geste et le motif comptent autant que le résultat.

Est-ce dangereux ?

Il y a des risques, surtout pour les nerfs et la circulation, et plus encore si la personne attachée reste sans surveillance ou si quelque chose passe autour du cou. D’où les habitudes du milieu : des ciseaux à portée de main, rien autour du cou, jamais sans surveillance, un safeword.

Peut-on apprendre le shibari avec des vidéos ou un livre ?

Pour comprendre les principes, oui. Pour le reste, une vidéo ne voit pas où passe ta corde. Dès que tu vas au-delà des gestes simples, un cours ou une jam, où quelqu’un peut regarder, vaut bien mieux.

Quelle corde choisir pour débuter ?

Le coton est souple, abordable et pardonne au début. Le jute et le chanvre sont les matières habituelles du shibari. Dans tous les cas, achète les ciseaux de secours en même temps.

Des questions sur les cordes ?

Le compte est gratuit, le forum et les salons aussi.

S’inscrire gratuitement