Fétichisme : ce que le mot veut dire, d’où il vient, ce qu’en dit aujourd’hui la médecine, et comment vivre un fétiche sans complexe ni gêne pour les autres.
Le fétichisme, au sens sexuel, c’est le fait d’être attiré de façon marquée par un objet, une matière ou une partie du corps qui n’a, pour la plupart des gens, rien de sexuel : des chaussures, du cuir, des pieds. Le mot a mauvaise réputation, mais il décrit le plus souvent une préférence comme une autre, que beaucoup de gens vivent sans difficulté.
Le mot fétiche vient du portugais feitiço, le sortilège. Il a d’abord désigné un objet auquel on prêtait un pouvoir. C’est le psychologue français Alfred Binet qui, en 1887, l’a employé pour la première fois dans un sens érotique, dans une étude sur « le fétichisme dans l’amour ». Freud y a consacré un texte à son tour, et c’est pourquoi le mot reste si présent en psychanalyse. Le sens ordinaire d’aujourd’hui, « l’objet qui porte bonheur » ou « le film fétiche », vient du même mot.
Une personne fétichiste a un ou plusieurs fétiches. Certaines peuvent s’en passer et le voient comme un plus ; pour d’autres, il tient une place centrale. Il n’y a pas de seuil officiel, et le mot sert aussi bien à se présenter qu’à plaisanter. Ce qui ne change pas, c’est qu’il s’agit d’une attirance, pas d’un défaut de caractère.
Il existe bien d’autres fétiches. Beaucoup paraissent étranges à ceux qui ne les partagent pas, et chacun a pourtant sa petite communauté.
Le kink est le mot le plus large : toute préférence qui sort de l’ordinaire. Le fétichisme en est une partie, centrée sur un objet, une matière ou une partie du corps. Le BDSM tourne autour des liens, du pouvoir et de la douleur. Les trois se croisent souvent (le cuir et le latex ont une longue histoire dans le milieu BDSM), mais on peut être fétichiste sans rien connaître au BDSM, et inversement.
Pas en soi. Le fétichisme a longtemps figuré dans les classifications médicales. Dans sa onzième version, publiée en 2018, la classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé (la CIM-11) l’a retiré de la liste des diagnostics. Le manuel américain, le DSM, ne parle de trouble que lorsque l’attirance entraîne une vraie souffrance ou nuit sérieusement à la vie de la personne.
Autrement dit, ce qui compte n’est pas l’objet, mais ce que cela fait à ta vie. Si ton fétiche te fait souffrir, s’il prend toute la place ou s’il te pousse à franchir les limites d’autres personnes, parles-en à un ou une sexologue au fait de ces questions. Ceci n’est pas un avis médical.
Un fétiche ne donne aucun droit sur les autres. Une personne dont les pieds te plaisent n’a rien demandé. On ne photographie personne à son insu, on n’entraîne personne dans son jeu sans le lui dire, et on ne prend pas de vêtement ou d’objet à quelqu’un sans son accord. Le fétichisme se vit à deux quand l’autre est d’accord, et en privé, de ton côté, le reste du temps.
C’est souvent ce qui fait le plus peur. Ce qui aide :
Pour la suite, lis BDSM débutant : le consentement, les limites et les premiers pas y sont les mêmes.
Beaucoup de personnes fétichistes passent des années à croire qu’elles sont les seules. Lire les autres suffit souvent à changer cela. THE CAGE est une communauté BDSM internationale : des profils, des blogs, un forum et des salons de tchat. L’inscription est gratuite, le forum et les salons aussi. Les membres écrivent surtout en anglais, et une fois dans ton compte, le site est en grande partie en anglais. Si tu te connectes depuis la France, une vérification de l’âge fait partie de l’inscription, en raison de la loi SREN ; elle passe par Yoti.
C’est une attirance marquée pour un objet, une matière ou une partie du corps qui n’a, pour la plupart des gens, rien de sexuel : les chaussures, le cuir ou les pieds, par exemple.
Une personne qui a un ou plusieurs fétiches. Pour certaines, c’est un plus dont elles peuvent se passer ; pour d’autres, il tient une place centrale.
De fétiche, lui-même issu du portugais feitiço, le sortilège. C’est Alfred Binet qui l’a employé le premier dans un sens érotique, en 1887.
Pas en soi. La classification de l’Organisation mondiale de la santé, la CIM-11, l’a retiré de ses diagnostics. Ce qui pose problème, c’est une vraie souffrance, ou le fait de franchir les limites des autres.
Un kink est toute préférence hors de l’ordinaire. Un fétiche est plus précis : un objet, une matière ou une partie du corps. Voir la page kinky.
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