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Le fétichisme des pieds : ce que ça veut dire

C’est l’un des fétiches dont on parle le plus, et l’un de ceux qui inquiètent le plus les personnes concernées. Ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas, et comment en parler.

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Le fétichisme des pieds, c’est une attirance marquée pour les pieds, et parfois pour ce qui les entoure : les chaussures, les chaussettes, les bas. Le nom savant est la podophilie, mais presque personne ne l’emploie. C’est une préférence répandue, que beaucoup de gens vivent sans difficulté, et qui ne dit rien d’autre de la personne qui l’a.

Ça veut dire quoi, concrètement ?

Ça dépend des personnes. Certaines trouvent simplement les pieds beaux, comme d’autres remarquent d’abord les mains ou la nuque. Pour d’autres, c’est un élément important de leur vie intime, dont elles parlent avec leur ou leurs partenaires. Il n’y a pas de seuil à partir duquel on « est » fétichiste : le mot sert à se présenter si on en a envie, et à rien d’autre.

Cela peut aller avec un rôle dans le BDSM, par exemple dans un jeu de domination et de soumission, mais rien ne l’impose. Beaucoup de personnes qui aiment les pieds ne s’intéressent pas du tout au reste. Pour la différence entre fétiche et kink, lis notre page sur le fétichisme.

D’où ça vient ? Les causes possibles

La réponse honnête : personne ne le sait vraiment. Il existe plusieurs pistes, et aucune n’est prouvée.

  • Le cerveau. Le neurologue Vilayanur Ramachandran a fait remarquer que, sur la carte du corps dans le cerveau, la zone des pieds et celle des organes génitaux sont voisines. Il a avancé l’idée d’un croisement entre les deux. C’est une hypothèse souvent citée, pas un résultat démontré.
  • L’apprentissage. Une autre piste : un lien qui se crée tôt entre l’excitation et ce qui se trouvait là à ce moment-là. C’est plausible, et difficile à vérifier.
  • La psychanalyse. Depuis Freud, elle propose ses propres explications du fétichisme. Elles ont une grande place dans l’histoire du mot et peu de preuves derrière elles.

Il n’y a pas besoin de trouver une cause pour vivre avec un goût. La plupart des gens ne savent pas non plus pourquoi ils aiment ce qu’ils aiment.

Combien de personnes sont concernées ?

Il n’existe pas de chiffre fiable pour l’ensemble de la population, et les pourcentages qui circulent en ligne viennent d’études qui ne mesurent pas la même chose. L’étude la plus citée, publiée en 2007 dans l’International Journal of Impotence Research, a examiné 381 groupes de discussion sur internet : les pieds et les objets qui s’y rapportent y arrivaient en tête des préférences. Elle compte des personnes qui parlent de fétiches en ligne, pas la population en général. On peut en retenir une chose : c’est loin d’être rare.

Est-ce une maladie ?

Pas en soi. La classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé, dans sa onzième version (la CIM-11), a retiré le fétichisme de ses diagnostics. Ce qui peut poser problème, ce n’est pas l’objet de l’attirance, mais ce qu’elle fait à ta vie : une vraie souffrance, une envie qui prend toute la place, ou le fait de franchir les limites d’autres personnes.

Si tu en es là, parles-en à un ou une sexologue au fait de ces questions. Ceci n’est pas un avis médical.

Et ça ne dit rien de ta personnalité. Tu trouveras en ligne des listes de « traits de caractère des fétichistes des pieds » : rien de sérieux ne les appuie.

La règle qui ne change pas : le consentement

Une personne dont les pieds te plaisent n’a rien demandé. Quelques conséquences très concrètes :

  • On ne photographie personne à son insu, ni à la plage, ni dans les transports, ni au travail, et on ne garde pas les photos d’une personne qui ne le sait pas.
  • On ne prend pas les chaussures ou les chaussettes de quelqu’un sans son accord.
  • On n’embarque personne dans son jeu sans le lui dire. Demander un massage des pieds à une personne qui ignore ce qu’il représente pour toi, c’est lui retirer le choix.
  • Dans un message, on ne commence pas par là. Sur un site de rencontre comme ailleurs, ouvrir une conversation par une demande sur ses pieds est une façon rapide de se faire bloquer. Lis d’abord ce que la personne écrit sur elle, et écris comme à quelqu’un que tu aimerais connaître.

En parler à ton ou ta partenaire

C’est souvent ce qui fait le plus peur, parfois depuis des années. Ce qui aide :

  • Un moment tranquille, pas en pleine intimité, où rien ne presse.
  • Dire ce qui t’attire, pas seulement le mot. « J’adore ce moment où tu enlèves tes chaussures » s’entend mieux qu’un terme clinique sorti de nulle part.
  • Dire ce que cela ne change pas. Ton goût ne remplace pas la personne. C’est souvent la vraie question derrière le silence.
  • Proposer quelque chose de petit, que l’autre puisse refuser sans drame.
  • Accepter la réponse. Certaines personnes trouveront ça amusant, d’autres flatteur, d’autres pas du tout à leur goût. Un non reste un non, et il n’a pas à être justifié.

Pour aborder ces conversations plus largement, les limites et les premiers pas sont sur la page BDSM débutant.

Trouver d’autres personnes

Beaucoup de gens passent des années à croire qu’ils sont seuls dans leur cas. Lire ce que d’autres écrivent suffit souvent à changer cela. Sur THE CAGE, la checklist BDSM permet aussi de dire ce que tu aimes ou non ; elle est liée à ton compte, les autres membres peuvent la consulter, et tu choisis qui.

THE CAGE est une communauté BDSM internationale : des profils, des blogs, un forum et des salons de tchat. L’inscription est gratuite, le forum et les salons aussi. Les membres écrivent surtout en anglais, et une fois dans ton compte, le site est en grande partie en anglais. Si tu te connectes depuis la France, une vérification de l’âge fait partie de l’inscription, en raison de la loi SREN ; elle passe par Yoti.

Questions fréquentes sur le fétichisme des pieds

Le fétichisme des pieds, ça veut dire quoi ?

C’est une attirance marquée pour les pieds, et parfois pour les chaussures, les chaussettes ou les bas. Son nom savant est la podophilie.

Quelle est la cause du fétichisme des pieds ?

On ne la connaît pas. Parmi les pistes, il y a la proximité des zones des pieds et des organes génitaux sur la carte du corps dans le cerveau, et les associations faites tôt dans la vie. Ce sont des hypothèses, aucune n’est prouvée.

Quel pourcentage de la population est concerné ?

Il n’existe pas de chiffre fiable pour la population générale. Une étude de 2007 sur des groupes de discussion en ligne place les pieds en tête des préférences, ce qui montre que ce n’est pas rare, sans dire combien de personnes sont concernées.

Est-ce une maladie ?

Pas en soi. La CIM-11, la classification de l’Organisation mondiale de la santé, a retiré le fétichisme de ses diagnostics. Une vraie souffrance, ou le fait de franchir les limites d’autres personnes, est une autre question, à aborder avec un ou une sexologue.

Est-ce que ça dit quelque chose de ma personnalité ?

Non. Rien de sérieux ne relie ce goût à un type de caractère.

Comment en parler à mon ou ma partenaire ?

Dans un moment tranquille, en disant ce qui t’attire et ce que cela ne change pas entre vous, avec une proposition simple que l’autre peut refuser. Et si c’est non, c’est non.

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